2018 : année charnière de la rénovation énergétique ?

Malgré les annonces du Grenelle de l’Environnement de 2008 et les mesures de soutien mises en place depuis, l’énergie dans le bâtiment demeure un sujet de préoccupation majeur : la précarité énergétique touche plus de 5 millions de ménages, les émissions de CO2 du bâtiment représentent 30 % des émissions nationales et le rythme des rénovations énergétiques peine à progresser. Il est néanmoins possible d’espérer que 2018 soit une année-clé de la politique du logement avec une loi dédiée, la révision de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie et un Plan de rénovation énergétique.

Si le chauffage du logement représente en moyenne 5 % du budget des ménages français, ce chiffre masque de fortes inégalités. Ainsi, les ménages les plus pauvres sont généralement logés dans les logements les plus anciens, souvent les plus énergivores. Les statistiques montrent également que les locataires occupent surtout des logements énergivores. La raison est simple : l’incitation pour un locataire à investir dans un logement ne lui appartenant pas est faible, et celle pour le propriétaire à financer des économies d’énergies sur une facture qu’il ne paye pas l’est tout autant. Les inégalités dans le logement sont donc le reflet d’inégalités sociales, qui montrent que la précarité énergétique est avant tout une précarité d’ordre économique. La politique du logement a mis en place un certain nombre d’outils pour améliorer l’efficacité énergétique des logements existants (Crédit d’impôt, TVA à taux réduit, Eco-prêt à taux zéro, Certificats d’économies d’énergie, aides de l’ANAH…) et des normes pour les logements neufs (Réglementation Thermique 2012). Néanmoins, l’accumulation de ces aides a échoué à augmenter significativement le nombre des rénovations énergétiques (380 000 en 2015 pour un objectif de 500 000). Pire, dans certains cas, des soupçons de malfaçon pèsent désormais sur certains travaux effectués.

Profiter de 2018 pour rationnaliser la rénovation énergétique

Composée de nombreux outils affichant des objectifs variés, la politique de rénovation énergétique souffre d’un grave manque d’efficacité et de clarté pour les consommateurs. Les occupants des logements sont confrontés à un maquis d’aides qui ne cherchent pas toujours à valoriser les mêmes actions. Pourtant, comme l’UFE l’a démontré dans son étude 2016, cibler le développement des quelques actions les plus pertinentes (isolation des combles, pompe à chaleur, radiateurs électriques performants, chaudière gaz à condensation, chaudière bois, raccordement à un réseau de chaleur et optimisation active) peut s’avérer particulièrement efficace dans la lutte contre le réchauffement climatique. Il faudra pour cela que les instruments de la rénovation énergétique soient cohérents entre eux et alignés avec les enjeux climatiques. Etant donné le coût important des rénovations et les longs temps de retour sur investissement, il sera également incontournable d’orienter davantage de financements vers la rénovation afin d’en augmenter le rythme.

Ne pas oublier l’essentiel : structurer la filière de la rénovation énergétique !

Récemment, la qualité et la conformité des travaux ont été mis en cause, en particulier dans le mécanisme des CEE, décrédibilisant directement du même coup les efforts de rénovation et les énergéticiens, qui ne sont pourtant pas maîtres d’œuvre. Pour une politique de rénovation efficace, l’Etat doit donc prévoir d’accompagner le développement des filières de la rénovation énergétique. Si la demande de rénovation devient supérieure à l’offre, les prix augmenteront en même temps que la qualité des travaux diminuera. Or, certaines des filières particulièrement importantes pour le succès de la transition énergétique, notamment celles du bâtiment et du génie électrique, peinent déjà à pourvoir les emplois existants. C’est pourquoi la politique du logement doit se donner les moyens de manier à la fois les instruments favorisant la demande de rénovation, mais aussi de renforcer les offres des différentes filières tant sur les plans quantitatif que qualitatif.

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